Dergiler / Litera: Dil, Edebiyat ve Kültür Araştırmaları Dergisi (Online) / 2019 / Cilt: 29 - Sayı: 1

La plage comme espace de l’écriture intime dans La vie pieds nus d’Alan Pauls

The beach as a space for intimate writing in Alan Pauls’ Barefoot life

Sayfa
19–40
DOI
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Özet

Le motif de la plage a été exploré à maintes reprises en littérature : de Proust à Camus, elle a souvent incarné un lieu d’interactions entre l’expérience intériorisée d’un personnage et la réalité du dehors. Dans cet aller-retour entre l’intime et le collectif, Alan Pauls exploite la plage comme outil d’une écriture autobiographique, créant alors une réelle « phénoménologie » de la plage et révélant dans son texte une méta-littérature stratifiée et texturée, à l’image des grains de sable dans lesquels les pieds du baigneur s’enfoncent. La plage devient un espace multidimensionnel qui lui permet de décortiquer son identité plurielle et de se reconnecter aux souvenirs d’une enfance passée en Argentine dans les années soixante et soixantedix. Pauls met en place cette spatio-temporalité notamment à travers la mémoire visuelle et les jeux d’images, que ce soit directement par l’écriture ou par l’insertion de photographies et de références cinématographiques. La vie pieds nus s’offre à la fois comme une plongée dans les abysses de la pensée et une siesta sereine dans les sables mouvants de l’intime. Pauls nous emmène à la découverte de son moi dans un récit qui nous emporte comme la vague et nous laisser flotter dans l’écume de nos propres vies.

Abstract

The beach motif has been explored many times in literature: from Proust to Camus, it has often embodied a place of interaction between a character’s internalised experience and the reality of the outside world. In this round trip between the intimate and the collective, Alan Pauls uses the beach as a tool for autobiographical writing, thus creating a real “phenomenology” of the beach and revealing in his text a stratified and textured meta-literature, like the grains of sand in which the swimmer’s feet sink. The beach becomes a multidimensional space that allows him to dissect his plural identity and reconnect with the memories of a childhood spent in Argentina in the sixties and seventies. Pauls sets up this spatio-temporality particularly through visual memory and a play on images, whether directly through his writing or by inserting photographs and cinematographic references. Barefoot life is both a dive into the depths of the mind and a serene siesta in the quicksands of intimacy. Pauls takes us on a journey of discovery of his self in a story that takes us like the wave and lets us float in the spume of our own lives.